4 questions à se poser avant de créer son business plan de freelance

Lorsqu’on est indépendant, nous avons à la fois des objectifs professionnels, personnels, mais aussi, pour la majorité d’entre nous, des objectifs pécuniaires. Pour être honnête, il n’est pas du tout obligatoire pour un freelance de mettre en place un business plan, surtout s’il n’y a  pas de création de structure lourde à gérer.  Ceci dit, c’est un excellent outil qui vous permettra d’être organisé dans vos finances tout au long de votre activité. Mais quelles sont les principales questions à se poser avant d’entamer ce travail ?

Quelle est votre vision globale du travail en freelance ?

Vous êtes peut-être sur le point d’entamer votre première année d’activité en tant que professionnel indépendant. Mais est-ce que vous vous êtes interrogé sur la manière dont votre activité va se dérouler sous le statut d’indépendant? Avez-vous envisagé que ce statut vous éloigne de la paisible vie de salarié ou de fonctionnaire ? Quel est votre limite à atteindre (ou à ne pas franchir) entre vie personnelle / vie professionnelle ? Jusqu’à quel point êtes-vous prêt à sacrifier vos vacances, vos sorties en famille ou entre amis ? Ou a contrario, jusqu’à quel point êtes-vous prêt à limiter vos revenus financiers pour privilégier ces moments passés avec ceux que vous aimez ? Êtes-vous prêt à vous endetter et à ne dégager aucun bénéfice pour pouvoir financer votre trésorerie le temps que vos clients vous rémunèrent ? Quels coups durs êtes-vous prêts à encaisser : période difficile sans activité, perte de potentiel d’un marché, d’un client ou obsolescence d’une technologie sur laquelle vous êtes positionné ?

Autant de questions qu’il est indispensable de se poser en amont de la création de son entreprise. Votre capacité à vous projeter avec ce nouveau statut vous permettra de persévérer ou de vous freiner lorsque cela s’avèrera nécessaire. N’hésitez donc pas à dresser l’ensemble des questions sur un papier et d’y répondre une à une avant de commencer votre aventure. Vous verrez qu’au fur et à mesure, les choses prendront formes et votre vision globale pourra changer. Pour cela, nous vous aidons à vous poser les questions fondamentales pour commencer.

Quels sont vos objectifs financiers ?

Il s’agit de la problématique essentielle que chaque freelance doit se poser. Non pas que l’argent est une fin en soi, mais plutôt un moyen qui vous permettra d’équilibrer les autres paramètres de votre vie telle que la famille, les amis, l’épanouissement professionnel ou l’estime de soi. Un équilibre financier, une stabilité de vos revenus et même une belle augmentation de votre chiffre d’affaires vous permettront de poursuivre votre aventure plus facilement.

Comment fixer ses objectifs financiers ? Prenons un exemple bien précis.  Vous êtes consultant en organisation et souhaitez gagner 5000€ nets par mois, vous optez pour un statut en portage salarial. Ce statut juridique est sécurisant et vous permet de gagner environ 50 % de ce que vous facturez à votre client : vous devrez alors facturez environ 10 000 euros mensuellement à votre ou vos clients afin de gagner 5000 € net mensuellement. Vous allez donc devoir en facturer le double (soit 10 000 euros) ce qui vous permettra de couvrir plusieurs charges, dont vos frais professionnels, vos frais de missions ou encore les différentes  frais de fonctionnements.

Selon votre secteur d’activité, votre zone géographique et encore, votre expérience et votre expertise, vous allez donc fixer un prix de journée (appelé Taux Journalier Maximum dans le jargon des indépendants). Pour 20 jours travaillés dans le mois, vous devrez donc avoir un prix de journée égale à 10 000 € / 20 jours ouvrés = 500 € / jour.

Vous devrez désormais mettre en avant ce TJM, s’il est compatible avec la réalité, sur toute votre communication. Ce prix devra bien entendu être justifié et à sa juste valeur, ni surévalué, ni sous-évalué, pour avoir une chance de séduire vos clients et ne pas manquer des opportunités. Cet exemple étant donné bien sûr à titre indicatif, vous pourrez l’adapter à votre secteur d’activité, que vous soyez développeur web (facturation au TJM ou au résultat), traducteur (facturation au mot) ou encore expert juridique (facturation à l’acte ou à la journée également)….

Quel marché souhaitez-vous cibler ?

Qui dit marché dit segmentation donc différents critères sont à prendre en compte pour orienter votre activité :

  • Taille des entreprises clients (TPE, PME, grands comptes, etc.).
  • Marché local vs marché international.
  • Critères démographiques : Age, sexe, profession, CSP…

Cette segmentation de marché vous permettra de vous positionner sur un créneau porteur et sur lequel votre savoir-faire est incontestable et incontesté.  Voici une liste non exhaustive des questions auxquelles vous devrez apporter des réponses avant de vous lancer.

Les questions à se poser :

  • Connaissez-vous la taille de votre marché et ses évolutions ?
  • Êtes-vous au courant des tendances du secteur et des derniers faits marquant (réglementation, innovations…) ?
  • Avez-vous identifié les intervenants et leur stratégie ?
  • Possédez-vous des informations sur les clients de votre marché et leurs principales attentes ?
  • Avez-vous réellement identifié les opportunités et les menaces inhérentes à votre marché ? Comment réagir en conséquence

Quelles sont vos perspectives d’évolution à long terme ?

Lorsque votre vision globale sera mise en place et qu’un certain taux journée vous permettra d’atteindre un certain idéal financier, personnel, professionnel, vous vous poserez alors la question suivante : et maintenant, que vais-je faire ? Cette question, autant vous la poser dès à présent car comme dit Auguste Compte : « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ». Cette évolution est d’autant plus importante qu’elle vous obligera à ajuster en même temps plusieurs paramètres : votre vision globale de votre activité de freelance, vos objectifs financiers, et la typologie de marché que vous souhaitez cibler.

3 choix (ou plutôt des réflexions) s’offriront désormais à vous :

  • Lâcher du lest, vous consacrer d’avantager à votre famille et amis, tout en acceptant une possible perte de revenus.
  • Maintenir un certain seuil de contrats, surtout si vous avez des clients réguliers et qui ne nécessitent pas une forte mobilisation de vos capacités de prospection.
  • L’expansion : s’offrira à vous enfin le choix de faire grandir votre petite entreprise en embauchant et en y mettant les moyens financiers nécessaires. Une autre vie démarrera alors pour vous et vous serez le seul à en assumer les conséquences.

Vous voici à présent bien parés pour débuter la rédaction de votre business plan. Alors à vos plumes !

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Mehdi Ben Naceur
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Mehdi Ben Naceur

Reponsable Marketing chez Humaniance
Passionné de Marketing et de Nouvelles Technologies, je mets mon savoir-faire au service des Ressources Humaines et du Freelancing.
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